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Anthropic vs OpenAI : la guerre des IPO n'aura pas lieu !

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IASilicon Carne 🌶️1 octobre 2026 à 16:0034:40
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INTRO

OpenAI et Anthropic ont retardé leurs introductions en Bourse prévues, car l’aggravation des pertes, les questions de gouvernance et la crainte d’une bulle financière liée à l’IA compliquent ce qui devait être des IPO historiques.

POINTS CLÉS

Les reports d’IPO font naître des doutes

Anthropic, développeur de Claude, a repoussé une cotation très attendue d’octobre à novembre, tandis que Sam Altman a déclaré qu’OpenAI n’entrerait pas en Bourse cette année, jugeant le moment inadapté. Ce revirement intervient après des attentes de levées de fonds et de valorisations record, Anthropic visant selon certaines informations environ 2 000 milliards de dollars et cherchant à lever jusqu’à 100 milliards de dollars.

Les avertissements sur les risques de l’IA ont changé le contexte

Ces reports ont suivi une série d’alertes publiques de chercheurs et dirigeants du secteur. En septembre, un ancien chercheur d’OpenAI et d’Anthropic a démissionné en accusant les principaux laboratoires de mettre la société en danger, et un autre spécialiste de l’alignement a publiquement estimé que le risque existentiel lié à une IA avancée pouvait être important. Peu après, le dirigeant d’Anthropic, Dario Amodei, a appelé le secteur à ralentir, puis Altman a lui aussi plaidé pour la prudence.

OpenAI fait face à un examen attentif de ses pertes

Des projections internes rapportées par le Financial Times montrent qu’OpenAI pourrait afficher des pertes cumulées de 278 milliards de dollars d’ici 2030. Ces chiffres alimentent les doutes sur l’acceptation par les marchés publics de l’économie de l’entreprise aux valorisations privées actuelles, surtout alors que les dépenses en modèles, centres de données et puces continuent de croître plus vite que les revenus.

Anthropic veut du capital sans perdre le contrôle

Le 25 septembre, il est apparu que les sept fondateurs d’Anthropic, détenant chacun environ 2 % de l’entreprise, n’étaient ouverts à une introduction en Bourse qu’à condition de conserver plus de 50 % des droits de vote. Une telle structure permettrait à la direction d’écarter la pression de court terme du marché et de garder la main sur les décisions de sécurité, même si des investisseurs externes détenaient l’essentiel du capital.

Le financement privé reste une alternative

Les deux entreprises ont toujours accès à d’importants capitaux privés, ce qui réduit l’urgence d’une IPO. OpenAI aurait déposé un dossier confidentiel en juin, mais de nouveaux financements privés à des valorisations supérieures à 1 200 milliards de dollars pourraient rendre une cotation inutile pour l’instant. Si les investisseurs privés continuent de financer les pertes, la direction évite les obligations de transparence et la volatilité liées à la Bourse.

La Chine et les modèles ouverts mettent les modèles économiques sous pression

Une préoccupation majeure est la montée rapide de modèles d’IA chinois et à poids ouverts, moins coûteux. L’usage semble avoir fortement évolué ces derniers mois, les modèles ouverts représentant désormais la majorité des tokens consommés, contre une part minoritaire plus tôt dans l’année. Même si les modèles fermés de pointe captent encore l’essentiel des dépenses, la tendance suggère qu’un pouvoir de prix premium pourrait vite s’affaiblir.

L’essentiel des profits pourrait se déplacer vers l’infrastructure

Les investisseurs voient de plus en plus les meilleures perspectives économiques dans le compute, l’énergie et les centres de données plutôt que dans les modèles eux-mêmes. L’analogie est celle d’une ruée vers l’or moderne où les plus grands gagnants seraient les vendeurs de pioches et de pelles: Nvidia, les fondeurs, les fournisseurs de cloud et les infrastructures énergétiques. Ce basculement affaiblit la thèse d’investissement initiale des créateurs de modèles qui pensaient dominer la chaîne de valeur.

Les marchés de la dette prennent une place croissante

L’ampleur des dépenses en infrastructures d’IA est devenue significative à l’échelle macroéconomique. Des estimations évoquées par des acteurs du marché situent l’investissement dans les centres de données liés à l’IA à jusqu’à 10 300 milliards de dollars entre 2025 et 2033, soit environ 3,6 % du PIB par an. Ce financement passe de plus en plus non seulement par les fonds propres, mais aussi par la dette, faisant des projets d’IA des concurrents pour des capitaux qui pourraient autrement financer la dette du Trésor américain.

Le risque de bulle est vu comme financier, non technologique

La demande pour les services d’IA reste forte, et la croissance des revenus des principaux laboratoires est exceptionnellement rapide au regard des standards historiques. L’inquiétude ne tient pas à un manque d’utilisateurs, mais au risque que la structure de financement cède si un grand acteur déçoit. Dans ce cas, un défaut ou une forte revalorisation à la baisse pourrait toucher fournisseurs, investisseurs privés puis marchés publics, transformant le boom de l’IA en choc financier plus large.

Les marchés publics pourraient imposer une révision stratégique

Une entrée en Bourse exposerait ces laboratoires à la pression des résultats trimestriels au moment même où ils débattent de garde-fous contre les risques existentiels et de dépenses de recherche de long terme. Cette tension aide à comprendre pourquoi les directions peuvent préférer attendre, surtout si elles comptent monétiser l’IA via des produits verticaux dans la santé, la défense, la finance ou la propriété intellectuelle exclusive, plutôt que par les seules ventes de tokens.

CONCLUSION

Les IPO reportées reflètent plus qu’un simple problème de calendrier. Elles montrent que les leaders de l’IA cherchent encore à prouver que les modèles de pointe peuvent devenir des activités durables sans abandonner le contrôle, les priorités de sécurité ni la stabilité financière.

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