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France Télévisions poursuit l’expansion de sa stratégie multiplateforme dans l’outre-mer et aborde l’intelligence artificielle avec prudence, en présentant la supervision humaine comme une règle non négociable dans les activités éditoriales et de production.
Le Pôle Outre-mer de France Télévisions a indiqué opérer désormais depuis le siège principal du groupe à Paris après son déménagement en juin, tout en maintenant un réseau dans neuf territoires ultramarins. La division représente plus de 1 400 salariés au service des publics des Caraïbes, de la Guyane, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna, de la Polynésie française, de Mayotte et de La Réunion.
La branche ultramarine réunit neuf chaînes locales sous la marque La 1ère, avec un accès aux chaînes nationales du groupe, dont France 2. Les dirigeants ont présenté ce modèle comme à la fois local et intégré, avec des programmes adaptés à chaque territoire tout en restant connectés à l’ensemble du service public audiovisuel.
La direction a présenté la division comme une activité quadrimédia structurée autour de la télévision, la radio, le web et les réseaux sociaux. Cette organisation inclut aussi des podcasts, des webradios et des formats pensés d’abord pour le numérique, reflet d’une volonté de servir les publics ultramarins sur plusieurs plateformes et non par la seule diffusion linéaire.
Les dirigeants ont évoqué un accord de visibilité signé en 2019-2020 pour renforcer la présence des enjeux ultramarins sur les chaînes nationales. L’objectif affiché n’est plus seulement de montrer des paysages ou des sujets occasionnels, mais de rendre les territoires ultramarins plus visibles, compréhensibles et lisibles dans la couverture nationale.
La division ultramarine s’est présentée comme bien plus qu’un diffuseur de contenus, estimant qu’elle soutient aussi les initiatives locales et la cohésion sociale. Dans des territoires petits et éloignés géographiquement, cette mission a été décrite comme particulièrement importante, car l’information y circule vite et les médias locaux jouent souvent un rôle central dans la vie publique.
L’intelligence artificielle a été décrite comme un sujet stratégique majeur pour France Télévisions, avec des usages envisagés dans les fonctions éditoriales, administratives et de support. Les dirigeants ont indiqué que l’IA est jugée prometteuse, mais seulement si son déploiement se fait avec méthode et en concertation avec les équipes et les partenaires sociaux.
Un exemple jugé acceptable consiste à utiliser l’IA pour transformer un extrait audio, comme un bulletin radio, en ébauche de texte web. Mais les représentants des rédactions ont posé une limite nette: pas question que des journalistes signent des articles générés par l’IA, même réécrits à partir de dépêches, insistant sur le fait que le reportage, la vérification et la responsabilité doivent rester des tâches humaines.
Le groupe prépare une charte IA interne, mais les discussions s’organisent autour de cas d’usage concrets plutôt que de grands principes abstraits. Cette approche reflète des tensions communes dans les médias: l’IA peut aider à travailler plus vite ou à traiter davantage de contenus, mais elle soulève aussi des questions d’attribution, de transformation des métiers et de risque de remplacement du travail qualifié.
Les responsables estiment qu’une vigilance spéciale s’impose dans les territoires ultramarins, car ce sont des écosystèmes informationnels relativement restreints où des contenus faux ou manipulés peuvent circuler rapidement. Cette inquiétude concerne aussi les deepfakes, l’amplification sur les réseaux sociaux et, plus largement, la manière de réguler les outils numériques sans isoler des populations qui dépendent aussi de l’ouverture et de la connectivité.
L’IA est aussi examinée pour son potentiel de soutien aux langues sous-représentées et d’amélioration de la traduction, même si des questions restent en suspens sur les langues et dialectes réellement couverts par les modèles actuels. Les échanges prévus ont mis en avant des usages concrets dans le contexte ultramarin, notamment la prévision des précipitations, le suivi des mouvements des algues sargasses et l’exploration d’applications de santé liées aux taux élevés de diabète dans certains territoires.
Pour le Pôle Outre-mer de France Télévisions, l’IA est à la fois une opportunité et une épreuve de gouvernance. L’enjeu central est de savoir si les médias publics peuvent utiliser de nouveaux outils pour élargir l’accès et améliorer le service sans abandonner la responsabilité éditoriale ni marginaliser celles et ceux qui le produisent.
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