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Aurélien a transformé un début scolaire difficile et une carrière dans un métier manuel en une série de paris entrepreneuriaux, dont une startup qui a échoué, avant de réémerger à la tête de Scale, une entreprise d’accompagnement des sociétés centrée sur l’IA, les experts et la communauté.
Aurélien explique que l’école ne lui convenait pas et qu’il a été orienté vers une formation professionnelle après des résultats moyens. À 16 ans, il a choisi la peinture en bâtiment, d’abord à contrecœur, puis avec ambition, jusqu’à devenir major de sa promotion et vice-champion régional aux WorldSkills, la compétition internationale des métiers. Il a travaillé sur des chantiers privés haut de gamme, notamment chez des footballeurs professionnels, et dit que ce métier lui a donné son premier vrai sentiment de compétence et d’utilité.
Après avoir signé un CDI à 18 ans, il est parti un an plus tard pour reprendre ses études et s’orienter vers la conduite de travaux. Il a financé ce virage avec un prêt étudiant de 35 000 €, car ses parents, aide-soignante à l’hôpital et mécanicien aéronautique, ne pouvaient pas financer des études supérieures. Cette dette est devenue un puissant moteur: selon lui, l’échec n’était plus envisageable avec environ 600 € par mois à rembourser plus tard.
Pendant ses études, il a enchaîné plusieurs petits boulots, dont la préparation de pizzas et la livraison de sushis, et a été renvoyé à plusieurs reprises. Un enseignant l’a alors orienté vers un problème courant en France: aider les particuliers à préparer leurs demandes de permis de construire. Il en a presque immédiatement fait une entreprise, créant une marque, un site web et des canaux d’acquisition, tout en sous-traitant une partie du dessin technique pour se concentrer sur la vente.
Ce qui avait commencé comme un petit service pour particuliers est devenu Permettez-moi de construire, puis Algar. L’entreprise prenait en charge les dossiers de permis et a progressivement numérisé le processus, en développant une connaissance fine des différences entre services d’urbanisme et règles locales partout en France. Le service répondait à un casse-tête administratif majeur pour les ménages, débloquant parfois des situations figées depuis des années, au point que des clients envoyaient des cadeaux ou des invitations une fois leur autorisation obtenue.
Déterminé à poursuivre ses études tout en développant son entreprise, Aurélien a candidaté à des écoles de commerce et a été admis à l’EDHEC malgré un profil non conventionnel. Les frais de scolarité étaient de 10 000 € par an, qu’il ne pouvait pas payer directement; il a donc cherché une alternance. Il a contacté des dirigeants de Leroy Merlin sur LinkedIn, a réussi à atteindre le directeur financier du groupe, et a transformé cette prise de contact à froid en un processus de recrutement qui aurait comporté huit entretiens jusqu’au top management.
Le résultat fut une alternance sur mesure: 50 % de son temps chez Leroy Merlin et 50 % sur sa propre entreprise, tandis que l’enseigne finançait ses études. Cet arrangement l’a placé dans la division e-commerce de l’un des plus grands sites de vente en ligne de France et lui a permis d’acquérir des compétences en SEO, SEA, gestion de produit et merchandising en ligne. Cela a aussi renforcé un fil rouge de sa carrière: contacter directement les décideurs peut fonctionner lorsqu’on arrive avec une proposition claire.
Algar s’est développée et a levé des fonds, mais l’entreprise a fini par échouer, entraînant une procédure judiciaire et un redressement. L’effondrement a été très violent sur le plan personnel: Aurélien raconte qu’il ne pouvait plus se verser de salaire, a quitté son appartement, vendu ses meubles, emménagé chez des amis et pris 100 livres en trois ans. Il décrit 2024 comme la pire année de sa vie, disant qu’il y avait des jours où il ne se levait pas et craignait de mourir sous le poids de la crise.
Plutôt que de cacher l’échec, il l’a assumé auprès de ses investisseurs et a traversé les conséquences publiquement. Cette réaction est devenue centrale dans son rebond professionnel. Eric Larchevêque, connu pour avoir cofondé Ledger, a ensuite soutenu qu’avoir affronté l’échec de front rendait Aurélien plus précieux, et non moins, car cela démontrait résilience, honnêteté et capacité à se reconstruire.
Aurélien dirige aujourd’hui Scale, au sein de TBSO, comme chief executive du produit. L’entreprise accompagne des entrepreneurs, du freelance à la PME industrielle, autour de trois piliers: des outils d’IA, l’accès à environ 40 experts, et une communauté de pairs. Elle organise deux à trois sessions en direct par jour, utilise l’IA pour diagnostiquer les priorités business et orienter les membres vers les bons spécialistes, et a commencé à lancer des événements physiques comme Scale Experience, qui a réuni 300 personnes à Paris.
En parallèle de son travail chez Scale, Aurélien écrit un livre sur l’audace et sur ce qu’il appelle l’art d’ouvrir les portes intelligemment plutôt qu’à l’aveugle. Son récit suggère que l’audace seule n’a jamais suffi; le timing, la préparation et la personne derrière la porte comptaient aussi. Ce mélange de culot et de méthode traverse tout son parcours, de l’apprentissage aux levées de fonds, jusqu’à son rôle actuel auprès d’autres fondateurs.
Le parcours d’Aurélien relie formation professionnelle, ambition startup, effondrement et reconstruction en une leçon plus large sur la mobilité sociale et le risque entrepreneurial. Son rôle actuel chez Scale montre que l’échec, lorsqu’il est pleinement assumé, peut devenir une part de la crédibilité d’un fondateur plutôt que sa fin.
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