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Un dîner à la Maison-Blanche a réuni OpenAI, Anthropic, Google, Meta, xAI, Microsoft et Nvidia, exposant les nouveaux rapports de force de l'IA à Washington. Le clivage le plus net porte sur les modèles open source ou à poids ouverts, que certains responsables envisagent de restreindre dans les 6 à 12 prochains mois. La cybersécurité s'impose comme argument central, avec la crainte que ces modèles facilitent la découverte de vulnérabilités et la génération d'exploits. En parallèle, un nouveau cadre de gouvernance autour de la « superintelligence » a été soutenu, mais il apparaît encore léger sur les engagements concrets.
OpenAI a présenté Dots, une nouvelle génération d'agents persistants capables d'agir en continu dans le cloud plutôt que de répondre seulement à des prompts ponctuels. Le produit s'intègre à ChatGPT, Slack, l'e-mail, les SMS et des applications connectées, avec des autorisations et validations pour les actions sensibles. ChatGPT Space complète l'annonce avec un espace de travail collaboratif pensé pour les équipes, tandis que la tarification distingue les simples conversations des tâches exécutées via Codex ou ChatGPT Work. La promesse est celle de véritables travailleurs numériques, mais la fiabilité, le mobile et la supervision humaine restent des chantiers critiques.
Google a dévoilé Gemini 4 Argon, un modèle phare orienté ingénierie logicielle, travail d'entreprise et cyberdéfense. Son lancement est progressif via Fairwind, avec accès initial réservé à des équipes de sécurité de confiance en raison de sa capacité à identifier et corriger des vulnérabilités graves de manière autonome. Google affiche un prix agressif de 2 $ par million de tokens d'entrée et 10 $ par million de tokens de sortie, avec 95 % de remise sur le cache de contexte. Le modèle est aussi présenté comme taillé pour le long contexte, avec jusqu'à 1 million de tokens, ce qui renforce sa position sur les workflows complexes et multi-fichiers.
OpenAI et Anthropic ont repoussé leurs projets d'introduction en Bourse, alimentant les doutes sur la soutenabilité financière de la vague IA. Anthropic aurait décalé une fenêtre d'IPO d'octobre à novembre, tandis que Sam Altman a indiqué qu'OpenAI ne serait pas coté cette année. Le contexte s'est durci avec la montée des alertes sur les risques existentiels, les critiques de gouvernance et l'examen des pertes massives des grands laboratoires. Derrière l'euphorie des valorisations, le marché commence à arbitrer plus sévement entre croissance, sécurité et discipline financière.
Nvidia semble avoir infléchi l'ambition initiale de DGX Cloud Lepton, d'abord perçu comme une tentative de contrôler l'accès au calcul IA loué. Après l'acquisition de Lepton en avril 2025 pour un montant estimé entre 300 et 900 millions de dollars, l'offre évolue davantage vers une couche logicielle et de standards. Plutôt que de désintermédier frontalement des acteurs comme CoreWeave, Lepton sert désormais d'orchestration unifiée pour GPU, stockage, observabilité, inférence et réservations. Ce recentrage réduit la menace immédiate sur les marges des neoclouds tout en consolidant le rôle de Nvidia comme arbitre de l'écosystème.
Gemini Notebook, ex-NotebookLM, se positionne comme un espace de recherche gratuit où l'utilisateur rassemble ses sources puis dialogue avec elles avec citations. Le service, accessible sur notebook.google.com, organise le travail en trois volets: bibliothèque de sources, chat central et panneau Studio. Celui-ci permet de transformer les documents en infographies, présentations, aperçus audio et quiz. L'enjeu n'est pas la recherche web générale, mais une IA ancrée dans un corpus choisi, ce qui en fait un outil de production et de vérification plus qu'un simple chatbot.
À mesure que les assistants IA prennent en charge les décisions d'achat, le point de persuasion se déplace des vitrines marchandes vers les critères lisibles par les machines. Un produit peut perdre face à un concurrent moins performant si l'assistant ne peut pas vérifier des éléments comme le stock, la livraison, les retours ou l'adéquation à un usage précis. La découverte dépend donc de plus en plus de données structurées et de faits explicites plutôt que de pages marketing. Pour les marchands, le nouveau référencement consiste à devenir recommandable par un agent, pas seulement désirable pour un humain.
Le documentaire NASA remet au premier plan les accusations sur le ciblage assisté par IA à Gaza, à partir des témoignages de 24 soldats israéliens. Le film détaille notamment l'usage présumé de Lavender, un système qui aurait produit des listes de 40 000 à 50 000 personnes soupçonnées de liens avec le Hamas. Selon ces récits, des ratios de morts civils auraient été normalisés dans certaines frappes, avec une forte délégation aux systèmes logiciels pour l'identification initiale des cibles. Le débat dépasse le cas israélien et ravive la question mondiale de la responsabilité humaine dans les chaînes de décision létales assistées par IA.