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Nvidia affiche une puissance financière rare, avec environ 1 milliard de dollars de revenus par jour et une marge brute de 75 %. Des projections pour 2028 évoquent jusqu’à 627 milliards de dollars de chiffre d’affaires, un niveau comparable aux plus grands géants mondiaux du commerce et du cloud. Cette rentabilité hors norme donne au groupe des moyens considérables pour verrouiller son avance dans les infrastructures de l’IA. Elle explique aussi pourquoi l’entreprise est devenue la cible prioritaire de toute la concurrence du secteur.
La pression concurrentielle autour des accélérateurs d’IA s’intensifie avec Google, OpenAI, AMD et plusieurs groupes chinois. Google pousse ses TPU, tandis que des informations prêtent à OpenAI le développement d’une puce maison. En parallèle, des acteurs chinois comme DeepSeek se tournent vers des composants domestiques pour réduire leur dépendance. Le marché bascule ainsi d’une simple rivalité entre fondeurs vers une bataille stratégique menée aussi par les laboratoires d’IA eux-mêmes.
Pour défendre sa position, Nvidia ne s’appuie pas seulement sur ses puces, mais sur un arsenal plus large mêlant acquisitions, logiciels open source, financements et influence commerciale. Cette stratégie vise à rendre le coût de sortie plus élevé pour les clients cloud et les développeurs. Le groupe consolide ainsi un avantage qui dépasse le matériel pur. La domination se joue autant dans les outils, les partenariats et les standards que dans la performance des GPU.
Vinted a traité près de 10 milliards d’euros de ventes l’an dernier sur plusieurs catégories. Malgré cette taille, l’entreprise estime rester modeste au regard du marché total de l’habillement en Europe. Elle se compare à environ 450 milliards d’euros de vêtements neufs vendus chaque année sur le continent. Le message est clair : la seconde main a changé d’échelle, mais elle est encore loin d’être le réflexe dominant des consommateurs.
Selon certains indicateurs, Vinted est devenue la plus grande plateforme de vente de vêtements en ligne en France. Cette position illustre la montée en puissance d’un modèle de consommation porté par les prix, la circularité et les usages mobiles. Elle montre aussi qu’un acteur européen peut atteindre une masse critique sur un marché numérique très fragmenté. Le succès français sert désormais de vitrine à l’ambition plus large du groupe sur tout le continent.
Thomas Plantenga, dirigeant néerlandais installé à Vilnius, était d’abord arrivé pour une mission de conseil de cinq semaines soutenue par Insight Ventures. Il a découvert une équipe fondatrice solide techniquement, mais une entreprise en grande difficulté. Au lieu de repartir, il a choisi de rester pour piloter le redressement. Ce basculement a marqué le point de départ d’une transformation devenue l’un des cas les plus visibles de la tech européenne.
L’ascension de Vinted est présentée comme une démonstration du potentiel d’une entreprise tech transfrontalière en Europe. Mais elle met aussi en lumière le coût d’une réglementation fragmentée d’un pays à l’autre. Pour les plateformes opérant à l’échelle du continent, la croissance suppose encore de naviguer entre des cadres nationaux disparates. Ce contraste résume une faiblesse structurelle du marché européen face aux géants américains et asiatiques.
Le fossé entre les 10 Md€ traités par Vinted et les 450 Md€ de vêtements neufs vendus chaque année en Europe souligne l’ampleur du marché restant à conquérir. La seconde main n’est plus un segment marginal, mais elle n’a pas encore basculé dans le mainstream total. Pour croître, les plateformes devront convertir des usages encore dominés par l’achat neuf. L’enjeu dépasse la simple part de marché : il touche aux habitudes de consommation et à la structure même de l’industrie textile.