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OpenAI bloque des opérations d’influence étrangères

OpenAI affirme avoir banni deux réseaux d’influence clandestins liés à des acteurs russes et iraniens qui utilisaient ChatGPT pour soutenir des campagnes de propagande, notamment un faux centre de recherche en Amérique latine et de faux journalistes publiés par de véritables médias.

Généré le 9 octobre 2026 à 18:171418 mots
Illustration générée par IA

Une affaire de modération aux enjeux géopolitiques

Le dernier rapport de menace d’OpenAI transforme une inquiétude générale sur l’IA générative en cas concret d’application des règles. Les acteurs d’influence étrangers ne se contentent plus de tester les grands assistants d’IA: ils les intègrent à des méthodes de propagande déjà bien établies. Le 8 octobre, OpenAI a annoncé avoir banni deux opérations d’influence clandestines, l’une originaire de Russie et l’autre d’Iran, qui utilisaient ChatGPT avec des techniques plus traditionnelles pour faire passer des messages géopolitiques par des entités et des auteurs apparemment indépendants .

L’opération russe, qu’OpenAI a baptisée “Dark Clark”, utilisait ChatGPT dans le cadre de campagnes visant l’Amérique latine, avec pour objectifs apparents de nuire à l’image de l’Ukraine et d’influencer la politique intérieure de pays comme l’Argentine et la Bolivie . L’opération iranienne, appelée “Bogus Bylines”, s’appuyait sur sept fausses identités de journalistes pour proposer et améliorer de longs articles consacrés au conflit entre les États-Unis et l’Iran, ensuite soumis à des médias en ligne dans plusieurs pays . Dans les deux cas, le point central n’est pas un unique deepfake viral, mais une méthode reproductible: fausses institutions, identités plausibles, polissage éditorial, rapports internes et tentatives de mesurer, voire de gonfler, l’impact.

Le faux “think tank” russe

Le dossier russe est notable parce qu’il combine assistance par IA et infrastructure humaine locale. Selon OpenAI, les opérateurs semblaient contrôler une plateforme de recherche tournée vers l’Amérique latine, le Social Research Center ou SRC, par l’intermédiaire d’une fausse identité nommée “Mia Clark” . L’entreprise affirme que les éléments disponibles indiquent que les employés locaux du SRC en Amérique latine ignoraient travailler pour un groupe russe, et que la plateforme produisait une grande partie de ses contenus par l’intermédiaire de ces collaborateurs recrutés ou instrumentalisés, plutôt que par génération automatique pure .

Ce détail est important. Il montre que l’image simpliste de l’usine à trolls automatisée ne suffit plus. Le modèle décrit ici est plus hybride: recruter ou utiliser de vraies personnes, les placer derrière une organisation d’apparence crédible, puis employer l’IA pour accélérer les tâches de coulisses. D’après OpenAI, les opérateurs se servaient surtout de ChatGPT pour rédiger des rapports internes à destination de supérieurs, résumer leurs activités et préparer des bilans, même s’ils l’ont aussi utilisé dans certains cas pour fabriquer de faux éléments, notamment des documents présentés comme des fuites et des scripts audio . Recorded Future News a également rapporté que des opérateurs russes avaient utilisé ChatGPT pour soutenir une campagne clandestine en Amérique latine, et que certaines fausses affirmations avaient suffisamment circulé pour déclencher des vérifications ou des démentis officiels .

OpenAI a classé l’opération russe en catégorie 5 sur la Breakout Scale, une échelle de six niveaux utilisée pour évaluer les opérations d’influence, en précisant qu’il s’agissait de la première opération de catégorie 5 perturbée depuis le début de ses rapports publics sur ces campagnes . L’entreprise cite notamment un faux épisode scolaire au Pérou, ensuite relayé dans des médias latino-américains et européens, qui aurait contribué à raviver des tensions historiques entre Ukrainiens et Polonais et suscité la réaction d’un député européen polonais . Le reportage de NPR souligne le même schéma: les opérateurs russes utilisaient l’IA non seulement pour produire certains faux contenus, mais aussi pour informer leurs supérieurs et s’attribuer des succès d’influence .

Les fausses signatures iraniennes

L’opération iranienne reposait sur une autre logique. Plutôt qu’une organisation locale de façade, elle utilisait des identités d’auteurs fictifs se présentant comme des journalistes occidentaux. OpenAI indique que sept signatures — Ervin B. Hoskins, Noah Lamington, Sophia Gonzalez, Michael Harrison, Ericka Feusier, Jenny Williams et Alice Johnson — servaient à proposer des articles à des rédactions . L’activité la plus efficace n’était pas le spam sur les réseaux sociaux, mais la publication ou la syndication de près de 100 articles dans environ une douzaine de petits et moyens médias en ligne consacrés à la géopolitique, aux affaires internationales et au Moyen-Orient .

Ce passage par les médias change la portée de l’opération. Un message publié par un compte anonyme peut être ignoré; un article signé sur un vrai site peut être partagé, cité et promu comme une contribution ordinaire. OpenAI explique que certaines identités étaient renforcées par des comptes sur X, Facebook, Instagram, Threads ou Medium, tandis que les informations de transparence liées à l’un de ces profils renvoyaient à l’Iran . L’AFP et Euronews ont également rapporté que la campagne iranienne avait utilisé de faux profils de journalistes occidentaux pour placer de longs articles et générer des commentaires sur les réseaux sociaux à propos de la guerre entre les États-Unis et l’Iran , .

Le réseau iranien se servait aussi de ChatGPT pour améliorer des articles en anglais, vérifier leur conformité avec les critères de soumission de certains sites et rédiger des courriels de proposition aux éditeurs . En revanche, ses commentaires sur les plateformes sociales semblent avoir eu une portée limitée. OpenAI indique que les réponses retrouvées affichaient généralement peu d’engagement, tandis que l’effort de placement d’articles atteignait une catégorie 4 en raison de publications sur des sites disposant parfois d’audiences importantes . NPR a rapporté que Daily Kos et Middle East Monitor figuraient parmi les sites où des textes signés par de fausses identités étaient apparus, et a cité Middle East Monitor indiquant revoir ses procédures de soumission et renforcer ses garde-fous éditoriaux .

L’IA accélère de vieilles tactiques

La leçon principale n’est pas que ChatGPT aurait inventé la propagande étrangère. Les faux journalistes, organisations de façade, récits blanchis par des intermédiaires, prétendues fuites et rapports internes exagérés existaient bien avant l’IA générative. OpenAI rapproche d’ailleurs ces cas d’opérations plus anciennes utilisant de faux médias ou de fausses identités journalistiques, tout en soulignant que l’IA rend certaines tâches plus faciles .

Cette distinction doit guider la réponse. Si le problème est traité comme une simple défaillance technique, les solutions seront trop étroites: meilleurs classificateurs, restrictions de prompts, bannissements plus rapides. Ces mesures comptent, mais les opérations décrites exploitent autant la confiance humaine que la production des modèles. Des éditeurs acceptent des propositions. Des travailleurs locaux contribuent à une institution de façade. Des lecteurs rencontrent des récits dans des formats familiers. La vulnérabilité tient à la fluidité linguistique et au volume, mais aussi à la provenance: qui se cache derrière cet auteur, ce centre de recherche, cette “fuite” ou cette vague de commentaires?

Pour les entreprises d’IA, l’affaire renforce les attentes en matière d’attribution, de contrôle des comptes et de rapports de menace transparents. OpenAI indique que les opérateurs russes utilisaient des VPN pour accéder à ses services depuis la Russie, où l’accès n’est pas autorisé, et que les opérateurs iraniens masquaient aussi leur localisation par VPN . Cela illustre une difficulté récurrente: les restrictions d’accès ne valent que par la qualité de la détection, des signaux d’identité et du partage d’informations entre plateformes. OpenAI affirme avoir transmis des informations aux autorités compétentes et à des partenaires de l’industrie .

Une alerte pour les plateformes et les rédactions

Pour le secteur technologique, l’épisode rappelle qu’un assistant généraliste peut devenir un multiplicateur d’influence géopolitique lorsqu’il est associé à une distribution trompeuse. Le risque le plus dommageable n’est pas forcément une propagande entièrement automatisée à très grande échelle; il peut s’agir d’un gain de productivité banal pour des équipes qui veulent un meilleur anglais, un espagnol localisé, des biographies crédibles, des propositions éditoriales soignées et des rapports internes bien présentés.

Les médias ont eux aussi une responsabilité. Le cas iranien montre que les espaces communautaires, les tribunes extérieures et les petits sites spécialisés en affaires internationales peuvent devenir des cibles parce qu’ils ouvrent une porte vers l’écosystème informationnel légitime. Une vérification plus solide des contributeurs, un étiquetage plus clair des contenus communautaires, des contrôles sur les biographies recyclées et de meilleurs canaux d’alerte avec les plateformes peuvent réduire la surface d’attaque sans fermer l’accès aux véritables contributeurs extérieurs.

Les bannissements annoncés par OpenAI ne mettront pas fin aux opérations d’influence liées à des États, et le rapport ne démontre pas que chaque contenu de ces campagnes a été généré par l’IA. Mais cette perturbation clarifie un point: la menace n’est plus hypothétique. Elle est opérationnelle, hybride et administrative. Skynet, finalement, ne commence peut-être pas par des robots tueurs; il commence par une file de modération, une connexion VPN et un courriel de pitch très bien rédigé.

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Article généré par IA à partir d’une recherche web récente, puis conservé comme instantané éditorial daté.