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Les faces cachées de la crise pétrolière en cours

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ÉconomieTOM BENOIT 23 septembre 2026 à 12:1929:09
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INTRO

Les tensions récentes sur le marché pétrolier ont mis en évidence un écart croissant entre les prix de référence des contrats à terme et le coût des livraisons physiques réelles, l’Europe faisant face à de fortes tensions d’approvisionnement en diesel et en brut malgré des prix affichés plus modérés.

POINTS CLÉS

Les contrats à terme ne reflétaient plus le marché physique

Les références de premier plan comme le Brent et le WTI décrivent surtout des contrats à terme, et non des livraisons immédiates de cargaisons. Ces prix réagissent rapidement aux signaux politiques, notamment aux déclarations sur d’éventuels pourparlers avec l’Iran, et peuvent varier fortement sans traduire les pénuries du marché réel. Les barils physiques, eux, sont tarifés quand une cargaison est chargée, assurée et payée, et ces prix peuvent diverger nettement selon les régions.

Le brut physique se négociait bien au-dessus des références en Europe

À un moment donné, le Brent se situait autour de 105 $ le baril et le WTI autour de 108 $, tandis que le brut physique Forties de mer du Nord livré en Europe se négociait, selon certaines informations, avec une prime proche de 140 $ en raison de la rareté des cargaisons. Cet écart montrait que les raffineurs et importateurs payaient tout ce qu’il fallait pour sécuriser l’approvisionnement, alors même que les prix de référence suggéraient un marché moins extrême.

Le brut irakien se vendait simultanément avec de fortes décotes

Alors que l’Europe payait de lourdes primes, certains barils irakiens étaient vendus avec des décotes d’environ 25 à 30 $ sous les références internationales, soit des prix proches de 80 à 85 $ le baril. La différence tenait davantage à la logistique qu’à la seule qualité: lorsque le transport était contraint et les acheteurs limités, les producteurs baissaient les prix pour écouler l’offre excédentaire.

Le rôle de la Chine ajoutait de l’incertitude

Les contrats à terme chinois à Shanghai étaient cités autour de 140 $, bien au-dessus des références occidentales sur la même période. Il était aussi indiqué que la Chine avait réduit ses importations de pétrole d’environ 40 % tout en ne puisant que 20 à 30 millions de barils dans des réserves stratégiques estimées entre 1,2 et 1,4 milliard de barils. Cette combinaison alimentait les doutes sur la mesure dans laquelle les données officielles sur les réserves reflétaient les conditions réelles du marché.

Le diesel est devenu le principal point de tension

La partie la plus tendue du marché de l’énergie n’était pas le brut lui-même mais le gazole, c’est-à-dire le diesel. Un écart normal entre le brut et le gazole était décrit comme étant d’environ 45 à 50 $ par baril, mais il s’est élargi à 75 $ début juillet puis a atteint environ 100 $, signalant de fortes tensions sur la disponibilité des produits raffinés.

Les primes de disponibilité signalaient une pénurie

Des cargaisons de gazole prêtes à être livrées dans certaines parties du Moyen-Orient et autour de l’Inde se négociaient au-dessus des cotations officielles, car les acheteurs payaient des primes simplement pour sécuriser le produit. Ces primes suggéraient que de véritables pénuries apparaissaient avant d’être pleinement visibles dans les prix de référence.

Les arrêts de raffinage russes menaçaient les flux mondiaux de diesel

Une préoccupation majeure concernait les dommages à la capacité de raffinage russe. Trois des six plus grandes raffineries du pays étaient décrites comme hors service, avec certains effets se prolongeant jusqu’en 2027 et 2028. C’est crucial, car la baisse des exportations russes de diesel force à rediriger davantage de brut vers des pays tiers comme l’Inde pour y être raffiné, ce qui resserre l’offre ailleurs, y compris en Europe.

L’Europe demeurait structurellement vulnérable

L’Europe était décrite comme important environ 97 % de ses besoins en carburant et restant indirectement dépendante d’approvisionnements liés à la Russie via des circuits comme l’Inde et le Kazakhstan. Même lorsque les données douanières classent différemment les importations, la dépendance de fond à l’égard du brut et des produits russes redirigés demeure importante, exposant l’Europe aux perturbations du transport maritime et du raffinage.

Le marché pouvait encore flamber, mais pas indéfiniment

Les prix actuels étaient décrits comme élevés, mais toujours inférieurs aux extrêmes corrigés de l’inflation de 2008, où un pétrole à 140 $ le baril équivaudrait aujourd’hui à environ 220 $. De nouvelles hausses vers 140 $ ou 150 $ restent possibles en cas de perturbation grave, et le gazole pourrait monter encore plus haut en cas de tension extrême. À plus long terme, toutefois, l’idée de fond était que le monde ne manque pas de pétrole, ce qui rend plausible un retour vers 80 à 90 $ le baril une fois les contraintes logistiques et géopolitiques atténuées.

CONCLUSION

La principale leçon des turbulences récentes est que le risque énergétique est moins dicté par une rareté absolue des ressources que par les goulets d’étranglement du transport, les arrêts de raffineries et la désorganisation régionale. Pour l’Europe en particulier, la disponibilité du diesel reste la vulnérabilité la plus immédiate.

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