Tech • IA • Robotique • Jeu

ENFR

Très fort risque » que Trump intensifie la guerre avec l’Iran après les élections de mi-mandat | The Economist

4/10
ÉconomieThe Economist30 octobre 2026 à 18:268:00
Lecteur audio

INTRO

Le risque de nouvelles frappes militaires contre l’Iran semble élevé après les élections de mi-mandat américaines, sous l’effet des calculs israéliens et américains, des pressions des marchés et d’une inquiétude générale: toutes les parties pourraient mal s’interpréter.

POINTS CLÉS

Risque élevé de nouvelle escalade

À Washington, responsables et analystes jugent de plus en plus probable une reprise prochaine d’actions militaires contre l’Iran après les élections de mi-mandat. Parmi plusieurs foyers de politique étrangère, l’Iran est vu comme celui qui pourrait capter l’attention politique immédiate. Cette attente d’escalade persiste même si, autour de Donald Trump, aucune figure de premier plan n’est largement perçue comme poussant ouvertement vers une grande nouvelle guerre.

Les incitations politiques d’Israël accentuent la pression

Benjamin Netanyahu, affaibli par un résultat électoral difficile et une arithmétique de coalition compliquée, est perçu par certains observateurs comme ayant intérêt à reprendre les attaques contre l’Iran. Une nouvelle confrontation pourrait repousser les pressions politiques internes et renforcer son argument en faveur d’un gouvernement d’unité. Au-delà du court terme, Israël est aussi vu comme considérant les capacités nucléaires iraniennes, affaiblies mais intactes, comme un dossier non réglé.

Le Congrès aurait une capacité limitée pour freiner le président

Même si les démocrates prenaient une ou deux chambres du Congrès, cela n’empêcherait pas forcément une nouvelle campagne militaire. La présidence conserve une large maîtrise de la politique étrangère et de l’action militaire, et les précédents montrent qu’un conflit impopulaire peut encore s’étendre malgré des revers électoraux intérieurs. Cette réalité alimente à l’étranger l’idée qu’une défaite aux élections de mi-mandat ne modérerait pas automatiquement la politique américaine.

Les prix du pétrole pourraient être la principale contrainte pratique

Le frein le plus clair à l’escalade pourrait être le coût économique, surtout une envolée du pétrole vers ou au-delà de 120 dollars le baril. Les marchés réagissent déjà à la possibilité d’une action après les élections, et toute frappe pourrait faire encore monter les prix. Trump est vu comme très sensible aux turbulences des marchés et au coût politique d’une chute boursière ou d’un choc inflationniste.

Une campagne de bombardements pourrait avoir une valeur stratégique limitée

Les sceptiques s’interrogent sur ce qu’une campagne prolongée de bombardements pourrait encore apporter, alors que les attaques précédentes auraient déjà visé les cibles les plus évidentes et accessibles. L’infrastructure nucléaire iranienne a été lourdement endommagée, mais des stocks d’uranium hautement enrichi existeraient encore, protégés sous terre, et le savoir-faire technique demeure. Cela nourrit le doute sur la capacité de nouvelles frappes à régler le problème de fond plutôt qu’à seulement le prolonger.

Une stratégie de blocus comporte des coûts militaires

Un courant estime que l’Iran subit déjà une forte pression, avec des flux pétroliers limités et une crise économique croissante, si bien que le temps jouerait en faveur de Washington. Mais le maintien de cette pression dans et autour du détroit d’Ormuz imposerait un lourd tribut à la marine américaine. Selon une évaluation d’expert citée dans le débat, chaque mois de conditions de blocus peut infliger environ l’équivalent d’une année d’usure sur l’état de préparation navale.

Les États du Golfe n’y voient surtout que des inconvénients

Dans le Golfe, l’ambiance est décrite comme à la fois colère et inquiétude. Les producteurs d’énergie peuvent profiter de prix plus élevés aux États-Unis, mais les États du Golfe voient surtout perturbations, insécurité et pertes d’exportations. Le Qatar n’expédierait qu’environ 5 % de ses volumes de GNL d’avant-guerre, signe de l’ampleur des effets du conflit régional sur le commerce et la confiance.

L’Iran pourrait mal lire la politique américaine

Selon des interlocuteurs du Golfe, des responsables iraniens auraient cru qu’un revers de Trump aux élections de mi-mandat améliorerait la position de Téhéran en donnant aux démocrates plus de moyens pour le contenir. Des responsables régionaux auraient tenté d’expliquer qu’il s’agit d’une lecture erronée du système américain, car le président dirige toujours la politique étrangère. Si l’Iran retarde des concessions sur cette base, il pourrait en résulter une dangereuse erreur de calcul stratégique.

La suspicion envers les intentions israéliennes grandit dans la région

Les responsables du Golfe se montrent aussi de plus en plus méfiants face aux signaux militaires israéliens, notamment des informations sur des avions s’approchant de l’espace aérien iranien avant de faire demi-tour. Beaucoup soupçonnent Netanyahu de pouvoir tirer un bénéfice politique d’une reprise des combats, même si cela déstabilise le Golfe, met en danger des bases américaines et risque d’attirer davantage de moyens américains vers Israël. Il en résulte une profonde défiance envers les intentions israéliennes à un moment où les tensions sont déjà très fortes.

CONCLUSION

La préoccupation centrale est la forte probabilité de nouvelles frappes contre l’Iran, malgré l’absence de consensus clair sur leur utilité réelle. Avec les marchés pétroliers, la sécurité régionale et les risques nucléaires en jeu, le danger tient autant à l’escalade elle-même qu’à des erreurs de calcul simultanées de Washington, Téhéran et Israël.

Poser une question

Sur le même sujet : Économie