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Alphabet a décroché d’environ 12,5 % après des résultats jugés décevants par Wall Street. Le chiffre d’affaires trimestriel a atteint 127,6 Md$, sous un consensus proche de 128 Md$, tandis que le BPA est ressorti à 2,12 $ contre 3,01 $ attendus. Une dépréciation de 8,7 Md$ liée notamment à SpaceX a pesé, mais même ajusté le BPA resterait autour de 2,67 $. Le marché y lit surtout une pression croissante sur la monétisation de Google Search à l’heure de la transition vers la recherche assistée par IA.
Google Cloud s’impose comme le principal moteur de croissance et de profits du groupe. L’activité a généré 30,7 Md$ de revenus et 11,1 Md$ de résultat opérationnel, avec une marge d’environ 36,2 %. Le carnet de commandes atteindrait 561 Md$, dont près de 55 % attendus sous deux ans. Cette dynamique nourrit l’idée qu’Alphabet cherche à compenser la fragilité de la recherche par une bascule accélérée vers l’infrastructure et les services IA.
Google a lancé Gemini 4 Carbon le 28 octobre et le positionne immédiatement en tête des classements d’IA. Le modèle atteint 59 sur l’Artificial Analysis Intelligence Index, devant Claude Opus 5.5 à 58 et GPT-6 Astra à 57. Google met aussi en avant des performances fortes sur le raisonnement, la science, les connaissances et les tâches automatisées, avec une fenêtre d’environ 1 million de tokens. Le déploiement commence toutefois de façon restreinte via Fairwind pour des défenseurs en cybersécurité, avant une ouverture plus large.
Gemini 4 Carbon est tarifé autour de 2 $ par million de tokens en entrée et 10 $ en sortie, dans la continuité de Gemini 4 Argon. Google affirme qu’il obtient 88,2 % sur SecBench Pro, 54,8 % sur Exploit Gym et 71 % sur CWE Bench. Le groupe insiste aussi sur une meilleure fiabilité agentique, avec davantage de questions de clarification et un code plus sûr, annoncé à plus du double du taux de réussite d’Argon. Le message est clair: Google veut reprendre la main sur les usages à fort enjeu, pas seulement sur les benchmarks grand public.
Google DeepMind affirme que Genie 4 peut générer un monde jouable à partir d’un simple prompt en moins de 30 secondes. Le système permet ensuite de s’y déplacer au clavier, de modifier la météo, les objets, les personnages et le comportement de la caméra en temps réel. Là où Genie 3 tenait environ une minute en 720p à 24 fps, Genie 4 vise près de deux minutes de cohérence. L’enjeu central reste la capacité à maintenir un monde persistant et réactif aux actions du joueur plutôt qu’un simple clip vidéo.
Apple a présenté un MacBook Pro à écran tactile, rompant avec des années de refus du tactile sur Mac. La nouveauté la plus structurante pourrait toutefois être l’arrivée d’une dalle OLED, avec des noirs plus profonds, un contraste plus élevé et des pics lumineux supérieurs. Apple remet aussi en scène le logo Apple lumineux, signe d’un retour à certains marqueurs historiques de la gamme. Des interrogations subsistent sur l’ergonomie de la charnière et la stabilité de l’écran au contact, ce qui laisse penser à une évolution prudente plutôt qu’à une refonte complète.
Microsoft, Google, Amazon et Meta devraient investir autour de 700 Md$ cette année dans les centres de données et l’infrastructure IA. Certaines projections estiment que plus de 3 % du PIB américain pourraient être absorbés chaque année par ce cycle jusqu’en 2032. En parallèle, la compétition matérielle se tend, entre contraintes énergétiques, capacité de calcul et dépendance aux accélérateurs avancés. Le secteur entre ainsi dans une phase où la supériorité d’un modèle dépend autant du capital et du foncier que de la recherche algorithmique.
Moonshot cherche à monétiser Kimi K2 3.1 Pro en licenciant ses poids ouverts à des clouds tiers, surtout américains. Le modèle repose sur un checkpoint d’environ 1,56 To, au-delà d’une configuration standard 8x H200 plafonnée à 1 128 Go, avec des recommandations allant jusqu’à 8 B300, voire 64 accélérateurs pour de la production. Chaque token activerait environ 104 milliards de paramètres, ce qui rend l’inférence très coûteuse. Les restrictions américaines sur les puces avancées vers la Chine enferment ainsi Moonshot dans un piège géopolitique: assez de capacité pour entraîner, pas assez pour servir largement.